Quand la peur devient un outil de pouvoir
Le Pakistan traverse une période profondément troublante. De nombreux citoyens constatent une répression politique croissante, de l'injustice, de la corruption, des restrictions à la liberté d'expression et un traitement de plus en plus sévère des manifestants. Les rapports et allégations concernant l'usage excessif de la force, et en particulier toute suggestion que les autorités pourraient recourir à la force létale contre les manifestants, soulèvent de sérieuses questions quant à la protection des droits fondamentaux et à la direction que prend le pays.
Lorsque ceux qui détiennent le pouvoir commencent à croire qu'ils sont au-dessus de toute responsabilité, les institutions s'affaiblissent et les citoyens ordinaires perdent confiance dans le système. Aucun gouvernement ni aucune institution ne devrait se considérer au-dessus de la Constitution, de la loi ou des principes fondamentaux de l'humanité.
En fin de compte, le pouvoir non contrôlé peut être limité par plusieurs forces. Premièrement, la reddition des comptes devant Allah le Tout-Puissant. Pour un croyant, l'autorité terrestre est temporaire, tandis que la reddition des comptes devant Allah est inévitable. Une personne peut échapper aux tribunaux, aux conséquences politiques ou aux critiques publiques, mais elle ne peut échapper à la justice divine.
Deuxièmement, la pression internationale. Les gouvernements qui ignorent les principes démocratiques ou les droits de l'homme peuvent faire face à des critiques diplomatiques et à des pressions de la part de gouvernements étrangers, d'institutions internationales et d'organisations de défense des droits de l'homme. Cependant, la politique internationale est largement dictée par des intérêts stratégiques, et le Pakistan ne devrait jamais dépendre uniquement des puissances étrangères pour protéger sa démocratie.
Troisièmement, et peut-être la force terrestre la plus importante, est le peuple pakistanais lui-même. Pourtant, le pouvoir public devient inefficace lorsque la peur domine la société. Les arrestations, l'intimidation, les restrictions sur les manifestations et la peur de la violence peuvent décourager les citoyens ordinaires de faire entendre leur voix. Lorsque les gens commencent à croire que s'exprimer pourrait leur coûter leur liberté, leurs moyens de subsistance, voire leur vie, le silence devient un mécanisme de survie.
Mais la peur ne peut pas assurer une stabilité politique permanente. Un Pakistan fort nécessite des institutions que les citoyens respectent plutôt que craignent : des tribunaux indépendants, des gouvernements responsables, des forces de l'ordre professionnelles, une presse libre, une compétition politique pacifique et le droit des citoyens de manifester sans violence.
Le Pakistan n'a pas besoin d'un autre cycle de vengeance, de haine ou de confrontation. Il a besoin de justice sans discrimination, de responsabilité sans ingérence politique et d'une loi qui s'applique également aux puissants et aux impuissants.
Le pouvoir est temporaire. Les gouvernements changent, les commandants prennent leur retraite, les dirigeants politiques vont et viennent, mais les conséquences de l'injustice peuvent perdurer pendant des générations.
Ceux qui exercent l'autorité aujourd'hui devraient donc se souvenir d'un principe simple : quand la reddition des comptes terrestre échoue, la reddition des comptes devant Allah demeure.


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